20 Avr Bilan d’une semaine de course sur la Cap Martinique 2023
Après une première semaine de course, les marins ont vécu des conditions météorologiques diamétralement opposées et sont aujourd'hui en approche de Madère.
Tellement de choses se sont passées depuis le début de cette course qui devient une édition digne des plus grandes courses au large.
Le passage du Cap Finisterre a été compliqué pour tout le monde ; les conditions météorologiques ont été encore plus fortes que prévues avec des vents établis autour de 35-’40 noeuds + rafales évidemment ; imaginons l’état de la mer dans la zone, ca a dû être dantesque. On connait déjà tous la tragédie qui a touché l’ensemble de la course avec la disparition de Philippe Benoiton. Il n’y a pas beaucoup de choses à dire à part que nos pensées accompagnent toute la famille nautique ainsi que la famille de Philippe. Quelle catastrophe de voir un marin partir ; nous connaissons tous les risques que nous encourons à partir au large sur ces courses qui nous font vibrer mais personne n’est suffisamment préparé lorsque des tragédies arrivent.
Et puis, la course continue, mais il est absolument certains que cette disparition marquera tous les évènements à venir.
Photo prise par Ludovic Gerard, à bord de Solenn for Pure Ocean, en longeant les côtes portugaises.

Côté abandons, malheureusement, Quentin Froment, sur son SF3300 Shaka Fidesco Tenea Energie, a dû faire une halte à Cascais suite au mauvais temps et diverses avaries dans le gréement et les voiles ; et a finalement décidé de ne pas repartir en mer.


Et côté Duo, nos 4 bateaux MSA restent en course à ce jour.
LUDOVIC GERARD – Solenn For Pure Ocean – le 19 avril 2024
Sur les navires de commerce, le noon report est celui qui traditionnellement rapporte à la terre les existants en consommables, situation du bateau, météo etc.
Me voici donc à 160 milles de Porto Santo, l’ile la plus au nord de l’archipel, que nous devons laisser à tribord avant d’attaquer la traversée elle même. C’est dommage de ne pas s’y arrêter car les iles sont belles et accueillantes, j’avais testé lors de ma première transat en 2024/2015, mais cette fois c’est direct non stop Martinique !
Après ce début de course difficile pour tous et hélas dramatique, le petit temps est plus que bienvenue pour souffler et effectuer les diverses réparations et contrôles à bord. L’analyse de la situation météo et son évolution sont majeures pour rallier Madère, rester dans le vent à 8-12 noeuds est important pour rattraper les copains devant, en évitant les trous d’air sans vent ou très faibles, qui ralentissent la progression.
J’ai réussi à trouver un bon compromis la nuit dernière pour me permettre de me faufiler silencieusement sur une mer plate, « champagne sailing » comme disent les anglais. Et ça continue aujourd’hui, avec un vent un peu plus régulier.
Après un petit déjeuner de guerrier, oeufs au plat+bacon, et café, j’ai fait un peu le point des vivres et j’arrive doucement à la fin du 1er sac qui était donc pas trop mal calibré. Petite erreur dans ma liste de courses : j’avais oublié de prendre des fetas pour faire des salades grecques à partir de la semaine prochaine. Il y a 2 ans avec Nicolas nous avions oublié les oeufs, cette année c’est la feta, tant pis j’improviserai !
Je pense avoir bien pris le rythme du sommeil, deux signes qui ne trompent pas : je m’endors quasiment immédiatement quand je vais m’allonger pour dormir, et je me réveille régulièrement juste avant la sirène du réveil, que ce soit pour des pauses de 20 minutes ou 1 heure.
Passage Porto Santo prévu samedi soir si la météo est conforme aux prévisions ! Et ça phosphore pour la traversée de l’Atlantique : ortho, nord ortho, sud ortho ? A suivre !
CHRISTINE MORA et DIDIER VERNHET – Un pallier deux toits – le 20 avril 2024
Jeudi :
Enfin sur de belles vagues sous grand spi, notre préféré, le spi Un Palier Deux Toits. Le bateau glisse tranquillement. Le pilote réclame de petits réglages, et c’est lui le plus fort à la barre bien qu’il ne nous ait pas livré tous ses secrets. En Méditerranée on a rarement rencontré ces vagues longues et enivrantes, c’est d’ailleurs ce que je suis venue chercher, entre autres, sur cette course,
Du coup le pilote dans les vagues est vrai un dossier en cours. Malgré conseils et schémas de réglages des autres : on part quand même régulièrement au tas sous spi dans les vagues si on ne surveille pas… à défaut on barre, on aime ça.
Les checks, entretiens et épongeages divers sont faits. Faut dire qu’hier ça mouillait, la mer était agitée, le vent fort 35 à 44 nœuds pendant… des heures et des heures, moins de 24h ? Le top ! Le bateau s’est régalé avec des vagues par devant, de grosses gerbes phosphorescentes sur les côtés dans les gros surfs, et même une par derrière qui a déclenché la flash light de la perché IOR,
La nuit ça déboulait vitesse max plus de 20 nœuds parfois dans les surfs… Heureusement personne à l’AIS ! Croisé un cargo ce matin. Un oiseau et quelques dauphins venus faire des pirouettes.
J’écris en attendant que l’iridium charge les gribs. Parfois on finirait presque par oublier qu’on attend…
Vendredi :
Houle calme, repos… Dormi beaucoup, mangé mieux qu’à la maison
Où est le bouton à fond ? Plus vite ? Plus de vent ?
Faire de son mieux.
Patience… L’iridium connecte ? Déconnecte aussitôt… On recommence, encore, encore, encore.
Grand sujet depuis 3 jours: choisir notre route… Alors ces gribs ? Attends ça charge…
Point météo…. après la tempête, le calme plat ! La flotte, en approche de Madère se retrouve engluée dans une zone étonnement grande et sans vent. Certains bateaux on dû passer une très mauvaise nuit à batailler pour ne pas que les voiles battent au grès de la houle et faire avancer la bateau malgré tout. En voilà une chose déjà compliquée à réaliser lorsqu’on navigue au large en équipage, mais en double et pire en solo, la tâche devient très ardue.

La situation devrait progressivement revenir à un flux un peu plus puissant dans les heures qui viennent permettant à chacun de retrouver des vitesses de progression acceptables.
Le classement continue de montrer les qualités des marins de MSA. En solo, Ludovic GERARD sur son JPK10.80 Solenn for Pure Ocean reste dans le groupe de tête à la bagarre avec Régis VIAN sur son JPK10.10 et Jean-François HAMONT sur son SF3300.

Nos 4 duos s’en sortent très bien également puisque :
Adrien FOLLIN et Pierre GARRETA sur leur SF3300 occupent la 4ième place en temps réel,
suivis de très près par Nicolas GRIMAUD et Thierry DE FOUGEROLLES sur leur Figaro2 en 5ième place.
Christine MORA et Didier VERNHET sur leur Figaro 2 occupent la 20ième place en temps réel,
bord à bord avec Paul et Arnaud VAN GAVER sur leur JPK10.10 en 25ième position.

Nul doute que la suite de la course s’avère passionnante, il leur reste autour de 3000NM à parcourir et encore de nombreuses décisions stratégiques à prendre en fonction des prévisions météo qui arrivent.
[NicoB]