Paprec 600′ – le debrief post course de nos coureurs !

ALWENA For PURE OCEAN (Sun Fast 30 OD) avec Clara BAYOL et Charles HENON

 Première grosse expérience en double au large pour tous les 2 ! Quoi de mieux que de commencer par 600 miles entre les îles françaises et italiennes en Méditerranée sur le SunFast 30 Alwena for Pure Ocean !

Après une première partie de régate plutôt maîtrisée jusqu’aux Bouches de Bonifacio, nous avons eu quelques difficultés à éviter la pétole, contrairement à nos concurrents… Forts de notre frustration, nous avons tenté de grappiller milles par milles notre retard conséquent malgré une météo plus qu’aléatoire entre les îles italiennes, à osciller entre pétole, thermique et synoptique. Une remontada de dernière chance à exploiter les capacités du bateau depuis la Giraglia nous permet de recoller la flotte et même de remonter jusqu’à la 7ème place dans des petits airs. Malheureusement la météo du dernier jour ne nous sera pas assez favorable pour passer la ligne d’arrivée, et nous sommes contraints de parcourir les 40 derniers miles …. au moteur…

Ce qu’on retient surtout de ces 6 jours de course : des surfs épiques sous A4 dans les Bouches de Bonifacio (20knts au compteur !), un bateau qui réussit à exploiter le moindre souffle d’air (pétole fréquente oblige…), et qui, malgré quelques difficultés dans les vagues, assure une sacrée vitesse moyenne au reaching !

Une chose est sûre, on est piqués par le large, et sera présents sur les offshores en Atlantique pour le mois de juillet !

 

AURORE (Figaro 2) avec Alex DELEMAZURE et Manu Veil

La PAPREC 600, héritière des 1000 miles de Saint Tropez qui contournait dans sa version initiale (2015 ?) les Baléares, la Sardaigne puis la Corse place cette année son barycentre entre la Corse et la Toscanne.

4 équipages MSA au départ en IRC Double : Alwena for Pure Ocean (C30), Aurore (FB2), Hathor V (JPK1010) et Sakifo (JPK1030)

La météo du départ est légère, mais comme le Crossmed nous le rappellera assidument jusqu’au passage de la ligne d’arrivée, coups de tabac et orages sont attendus sur le parcours.

 La descente vers les Bonifacio, au près dans la grisaille, ne révèle rien de nature à passionner les foules, sinon qu’un généreux flux d’Ouest (>35knt GRIB) est attendu au sortir des Bouches. Quand certains comptent bien y faire parler la poudre, d’autres, peut-être moins amarinés ou à l’accidentologie plus chargée (un combo « chaluto-écoute dans le safran » chez Aurore) envisagent le ratio « risque/bénéfice au m2 de bâche lancé » avec plus de circonspection. Chacun se reconnaîtra 😉. Sakifo, que l’on placera sans hésiter dans le premier groupe, attaque les Bouches dans des pointes à plus de 20knt et y creuse un confortable écart avec le peloton ; au prix néanmoins d’une luxation de l’auriculaire de Mao père.

Passé Giglio, une première pépite : la beauté époustouflante de l’archipel toscan que les équipages traversent confortablement sur une mer aplanie, brise légère, soleil printanier ; avant de pointer l’étrave vers Gorgona. A noter tout de même cette fâcheuse manie que semblent avoir les toscans de mettre leurs déchets de bûcheronnage à la mer. Aurore y heurtera un tronc d’une cinquantaine de kilos, heureusement sans dégât.

Passage de Gorgona et redescente vers MonteCristo débutant par une mer forte en provenance d’un coup de chien naissant au nord de la Corse, puis rapidement croisée. Suit une séquence type « qui perd gagne » durant laquelle se succèdent les bulles de pétoles ; chaque équipage pensant y avoir perdu plus de plumes que les autres. On attend toujours les statistiques officielles pour trancher..

A l’approche de Montecristo il est vrai et vérifié que Sakifo devra s’arrêter durablement au buffet tandis que les suivants reviendront au contact, poussés par une brise maniable ; mais devront pour contourner le mystérieux caillou négocier 3 mètres de creux dans un près soudain revigoré (25-30knt). Aurore y perdra son Windex sur un plantage de pieux plus vigoureux que les autres (on avait pourtant bien dit qu’il manquait des tours dans le gréément).

Puis séquence orageuse, l’autre version du « qui perd gagne ». Aurore, toujours prompte à challenger son matériel, y déralingue sa GV. Fatigue et effondrement du « wining spirit » lui font passer la nuit de brise portante sous GV 1 ris/J2, au lieu de mettre en œuvre sans attendre la solution aimablement partagée par M. Mergui (Centrakor). De facto celle-ci règlera le problème en 5 minutes chrono au petit matin. Un épisode à méditer…

Au passage de la Giraglia, alors que le jour se lève, le peloton s’est resserré. Arome annonce une molle sur la route (ce qui ne semble pas démotiver le CrossMed qui continue d’annoncer les feux de l’enfer sur le 16). Les MSA choisissent la route directe tandis que Callisto (JPK1080), Blue 007 (JPK1010) et Walili (JPK1030) plongent au sud. Une option qui s’avèrera payante. Inversement, les MSA écopent d’un nouveau « qui perd gagne » à grande échelle. Sakifo aura la main la moins heureuse, et sera le dernier Double à passer la ligne avant sa fermeture.

Bilan de la course

·       14 IRCD au départ, 4 abandons, 6 (dont 3 MSA sur 4) terminent avant la fermeture de ligne. Ça pique un peu…

·       L’esprit de corps MSA était là, fort et généreux. Que du bonheur de le voir s’épanouir.

·       L’incroyable beauté des zones de navigation, notamment l’archipel toscan

·       Un parcours 2025 très complet. Toutes les compétences du coureur au large y ont été sursollicitées : stratégie, tactique, manœuvres, gestion de l’effort et de la résilience…

·       Sakifo a vraiment fait une très belle course jusqu’à la Gira et pourtant ne monte pas sur le podium. Existe-t-il une justice en Méditerranée ? si oui, quel rationnel face à la succession d’épisodes de pétoles ?

·       L’organisation de course SNST réalise un sans-faute. L’accueil à Saint Tropez a été formidable

·       Beaucoup (trop ?) de près sur cette édition… Météo France a-t-elle été « Dodgé » avant que ne le soit la NOAA ?

·       Last but not least : la présence rafraîchissante de Clara et Charles – merci à eux et à Alwena Shipping / for Pure Ocean

  

HATHOR V (JPK 1010 avec Paul et Arnaud VAN GAVER)

PAPREC 600 – Une édition engagée autour des îles !
De retour à bord de notre fidèle JPK 1010 Hathor V pour notre première grande course depuis la Cap-Martinique. Le duo familial continue, comme depuis plus de 15 ans.

Départ de Saint-Tropez dans du vent léger. Cap sur les Bouches de Bonifacio. Une première nuit lente, une alerte AIS, Aurore (Figaro 2) avec un bout dans le safran. Heureusement, plus de peur que de mal.

Puis, 25-30 nœuds au petit matin : ça accélère. Le vent tourne ouest à Propriano : spi envoyé, on trace sur Bonifacio.

Empannage osé sous grand spi aux Lavezzi. Puis surfs à 15 nœuds… jusqu’au départ à l’abattée : bateau couché, quille hors de l’eau, spi qui tracte. Plus de peur que de mal, on redresse, on repart.

Elbe, Gorgona, Montecristo : paysages sublimes, navigation technique. Le vent monte à 30 nœuds autour de Montecristo. Les orages nous catapultent jusqu’à Bastia.

À la Giraglia vendredi matin. Mais la suite est tendue : presque plus de vent, et la peur de finir hors temps.

On choisit une route directe (contrairement aux routages extrêmes) et on exploite chaque risée. J2, Code 0, spi… les manœuvres s’enchaînent.

À nos côtés : Aurore, notre sparing partner depuis le départ. Duel à distance avec l AIS. On se pousse jusqu’au bout.

Ultimatum moteur fixé à 9h… Le vent se lève à 8h50. On fonce à 8 nœuds.

Résultat : 2e en temps compensé ! Juste derrière Blue 007, devant le JPK 1030 Sakifo.

Paul dira que c’était plus dur qu’une transat… mais l’avantage avec la voile, c’est qu’on ne retient que le bon !

  

SAKIFO (JPK1030 avec Philippe et Lucas MAO)

 Segment 1 Départ -> Lavezzi :

Très bon départ pile au top à la bouée et avec du vent frais. 6-8nds au près, on a une super speed, en tenant sans problème le JPK1080. Le routage nous fait plonger très Sud. Et voyant la flotte rester plutôt sur une route médiane, je décide d’être modéré en se positionnant au sud de la flotte sans être trop extrême. On reste aux avant postes malgré une bonne pétole pendant la nuit. En atterrissant sur la Corse le vent commence à se renforcer en adonnant. On passe sur Code 0. Puis Spi A4 capelage en mode conservateur pour ne pas avoir à faire un changement de Spi moins de 10Mn plus tard. Seul le JPK1030 Walili est 5Mn devant grâce à sa route très sud. Arrivé aux Lavezzi le vent d’Ouest commence à rentrer fort comme prévu. 1 Ris dans la GV, empannage et on attaque le sérieux !

 

Segment 2 Lavezzi – Giglio :

Course de vitesse avec ce flux musclé pile dans l’axe. En s’éloignant le vent forci encore à 30, puis 35 dans les claques et quelques unes à 40. On tient bien le nouvel A4 au capelage avec un ris dans la GV. En revanche on navigue aussi avec le J2 arrisé en l’air et c’est pas bon, si le spi décroche il l’empêche de regonfler rapidement et ça fait chuter la moyenne. Mais c’est chaud car la mer est super courte et mal rangée donc ce n’est plus le moment d’aller sur la plage avant. On reste un peu sous la route pour garder sous l’orthodromie pour avoir plus de pression, et Arome annonce une grosse molle si on est trop nord. On fait des « vrais » bord d’Asy à 145-150 du TWA, on fait de la route mais c’est clairement plus stable et très très rapide, on frise le record du bateau avec un surf à 20,76nds en mode sous-marin (c’est une antithèse).

Ça paye car on arrive sur la Toscane en ayant mis 20Mn à l’autre JPK1030 sur 100 de traversée. Blue 007 (JPK1010) et Callisto (1080) sont eux à 8Mn derrière. First break done!

 

Segment Giglio Gorgonna :

Retour de conditions calmes au près dans 5-8nds. Petite erreur de ma part en rentrant trop dans le golfe de Follinica. Attiré par les éoliennes qui me semblaient tourner plus rapidement que ce que mon anemo donnait. Pas d’arrêt mais on sort mollement et tirant 2 bords carrés. On perd 2 Mn sur les 2 poursuivants. En arrivant sur Gorgonna, je sais que la pétole va arriver, en attendant il y a un peu plus d’air à la côte. Décision de se positionner à l’Ouest pour toucher le flux qui arrive du Cap Corse en premier. Ça paye! On redécolle sous A2 et les deux poursuivants passent à 10 et 15Mn

 

Gorgonna Montecristo:

Du près (encore) dans 15nds avec de la mer courte, ça tape un peu. Grosse envie de passer à l’Est d’Elbe malgré les 4Mn de détour. Je crains la molle à l’Ouest car l’Ile est très haute. En s’approchant je fais charger un routage avec le dernier Grib qui annule complètement l’option Est. On suit donc la route classique mais en ayant viré trop tard on passe trop proche de l’île et on se plante une grosse demi-heure. Ça revient un peu derrière. Puis du près très mou jusqu’à Montecristo. Et 3h de pétole en arrivant au caillou avec courant contraire! Dur dur car on retrouve le visuel sur Callisto qui arrive avec le vent.

 

Montecristo – Giraglia : stratégie route directe car les fichiers sont tous faux, le ciel est chargé de grains, certains orageux. Allure débridée dans 10 à 18nds de vent. En arrivant au niveau de Bastia, la Carro annonce Blue007 25Mn derrière ! C’est bon pour nous car on lui doit énormément de temps. Surtout qu’on devrait arriver juste à temps au Cap Corse pour choper le train de vent qu’on eu les gros bateaux. Et que la porte se ferme ensuite.

C’était sans compter une grosse pétole qui nous met à l’arrêt avec Callisto pendant que Blue surf à 8,5nds sur l’avant d’un orage. Au Cap Corse il n’est plus qu’à 8Mn et pour nous la barrière s’est clairement fermée pour la traversée retour. Le moral en prend un coup.

 

Giraglia – Saint-Tropez :

Encore une molle, après la Gira, Callisto revient au contact et Blue aussi. Nouveau départ.

Un flux venu de nul part nous propulse sur Code 0 pile sur la route. On fait la même vitesse que le 1080 et le 1010 perd du terrain.

Malheureusement ça ne durera pas et la pétole interminable s’installe. On reste au contact avec Callisto jusqu’à un infime flux de 3nds le fasse partir dans la nuit. On reste planté et on commence à capter tout ceux qu’on ne pensait revoir qu’à la bière à l’arrivée.

C’est la loterie de la pétole, on ne peut rien faire et impossible de faire plus de vitesse que les petits ratings, c’est même plutôt moins.

On bataille malgré pour finir 15min avant la fermeture de la ligne. Au contacts avec les amis MSA de Aurore et Hator.

Fait surprenant : le 1030 Walili a suivi un routage sur un fichier Arôme plus récent que le nôtre avant de perdre le réseau. Il a fait une énorme cuillère au Sud et arrive 2nd en réel.

Bilan global :

La copie rendue est vraiment bonne car on a clairement maîtrisé la course avant de subir les affres de la Méditerranée. C’est le jeu, dommage que le résultat soit toujours le même depuis 3 ans avec ce bateau. Il est temps que la chance tourne!

Bilan humain : un doigt passé dans un winch dans le bord musclé sous spi, (luxation ou tendon arraché, à suivre). Bon repos par rapport à l’année dernière. Le près dans le petit temps était stable et le pilote barrait à 100% de la polaire en permanence. Il a donc barré 95% du temps sauf dans la baston sous spi et les grosses pétoles.

Bilan matériel : la nouvelle GV en DFi plus grande nous fait gagner 3 à 5% de vitesse pour au pire 1 millième de rating (mettez de la bâche sur vos bateaux! En med c’est indispensable de marcher fort dans le petit temps). Petit trou dans la GV en faisant un vrac sous spi, probablement le barber de spi qui est venu claquer dedans. Pour les utilisateurs d’Asy, faire attention à ça.

C’était le debrief de Sakifo par Lucas, je rends l’antenne.