Paprec 600′ : une édition exceptionnelle en rebondissements !

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Organisée par l’excellente Société Nautique de St Tropez, la Paprec 600′ aura offert une très belle et exigeante édition en 2024.

La parole est laissée aux deux duos MSA qui ont participé :

SAKIFO à Lucas et Philippe Mao, finissant 2ème

MARCHER SUR L’EAU, Benoit David et Guillaume Barbet, 3ème 

Bravo à Blue 007 mené par 2 solos regroupés (Michel Sastre et Arnaud Vuillemin) qui remportent cette édition en double.

et à Mathieu Claveau (qui accompagne les Minis 6.50 au sein de MSA) et David Genest, 6emes en Class 40 ! 

SAKIFO :

Segment 1 Départ -> Lavezzi :
Près débridé plein sud en attendant la bascule. Choix d’une route assez Nord par rapport à la bascule dans l’idée d’avoir l’angle idéal pour l’A2 en approchant la Corse. Bonne idée car sous code puis A2 on remonte petit à petit la flotte et on lâche le JPK1030 Wallili avec lequel on a passé la nuit. Arrivée dans les bouches avec un vent qui monte à 22nds, passage sous A3 pour décharger le bateau qui accélère mieux malgré les 20m2 de toile en moins. On passe les bouches en tête des doubles (je mets de côté le 54 pieds de Jean-Pierre Dick qui fait une autre course).

Segment 2 Lavezzi – Giannutri :
Course de vitesse avec ce flux musclé pile dans l’axe. On reste sous A3 en tête mais on prend rapidement 1 ris dans la GV car il y a des claques à 30. Volonté de jouer les bords du cadre pour se limiter à 2 empannages. Trop accroché à la barre, on passe à côté du second et le temps d’affaler ça fait 8Mn que l’on est hors cadre. Obligé de passer sous génois, à moins de 9nds de moyenne lorsque qu’on était à 12 sous spi… dur dur et notre avance n’est plus. On arrive à Giannutri derrière Blue 007 alors qu’il pointait à 7Mn derrière à la sortie des bouches. Énorme remontada de MSE sur ce bord !

Segment Giannutri Gorgonna :
Retour de conditions calmes mais pas reposantes, on retrouve les Class 40 et gros IRC qui jouaient aux cartes dans le secteur et on décolle avec eux. Génois, code 0, spi, il faut être dessus et tout y passe. AIS, spot des concurrents sur le tracker et jumelles pour trouver les zones de vent. Une option au ras d’un îlot au niveau d’Elbe nous permet de reprendre les devants sur Blue 007. On croise à proximité jusqu’à la pétole houleuse à quelques Mn de Gorgonna. Blue 007 s’en sort le premier et en profite pour prendre rapidement
3-4M d’avance.

Gorgonna Pianosa :
Début par un grand bord de près débridé dans 27nds. Occasion rêvée pour revenir sur Blue. Que nenni, ils sont très rapides et on rattrape moins qu’espéré. Nouvelle pétole à l’approche d’Elbe, les Class 40, et autres J-P Dick doivent se demander d’où l’on sort car c’est la deuxième fois qu’on les double. Blue part à droite (sur les conseils du Corse Arnaud à bord qui connaît parfait le secteur), on reste proche de la route directe dans une petite veine qui nous permet de les repasser. S’en suit un petit jeu de peeling et empannage avec J-P Dick sous la pleine lune : Top !
On enroule Pianosa avec env 2Mn d’avance sur Blue.

Pianosa – Giraglia :

stratégie route directe en surveillant les vitesses des concurrents pour éviter les molles. Quelques arrêts malgré cela mais Blue reste “au chaud”. La fatigue commence à être bien présente car depuis Bonifacio il faut être dessus en permanence pour ne pas se faire piéger.
Passage de la Gira conservateur (passage J1 à J2 au calme dans une baie, puis GV 1 ris) car je m’attends à du costaud de l’autre côté. Adréna ne veut plus me télécharger de Grib (problème de décompression fichier…) ceux de la veille m’indiquent 30 nds au près débridé.

Giraglia – Nice :
Pas de stratégie ici mais simplement une course de vitesse (de mon point de vue en tout cas, certains iront tenter des trajectoires que je qualifierai d’exotiques 😂). Le vent n’est finalement pas si fort 15nds, on tente le code 0 mais 5 min après ça refuse de 10 et ça monte à 20nds +. Ce sera donc du J2 en alternant GV haute et 1 ris quand le vent moyen est au dessus de 22nds. Kito et J-P Dick nous double une troisième fois, et ce dernier passe même volontairement à quelques mètres pour nous saluer.
On essaye d’aller dormir mais impossible malgré les banettes cadres : on navigue sur la portière et ça secoue beaucoup dans la mer. Bien réglé sous pilote il n’y a que 15h à attendre au rappel en se faisant rincer. Plaisir ! Blue 007 va toujours étonnement vite sur cette allure, Sakifo étant à 95-100% de la polaire, mais il finit par disparaître à l’horizon. En arrivant dans la baie des Anges, le tracker annonce Blue seulement 4,5Mn derrière, dur! Quant au JP54, il nous a collé 22Mn en 85 de traversée, pas mal pour un bateau de “croisière”.

Nice – Saint Trop :
On arrive au WP sans se faire scotcher, mais à peine celui-ci passé on se plante dans une pétole interminable, Blue revient doucement et nous passe. Génois puis spi puis code puis spi puis génois puis spi en une heure pour rester “chauds” et sortir de ce bourbier.
On croise derrière puis devant Blue puis à nouveau derrière avec tentative de contrôle. Une petite brise de fin de nuit nous amène sous spi dans le golfe de Saint-Trop dans le tableau arrière de Blue. Impossible de passer sous le vent ils sont au taquet et nous contrôlent, option de passer au vent grâce à l’Asy. Il nous lofe vers Sainte-Maxime puis finit par céder. À nous de contrôler en pensant voire l’affaire enfin pliée. C’était sans compter la bulle devant le port à portée d’un nageur moyen. Les 2 bateaux scotchés à 5m l’un de l’autre et pas l’ombre d’une risée pendant une bonne demi-heure. Quand une rafale à 3nds arrive enfin, Blue décolle en premier et finira donc une centaine de mètres devant nous, rageant!!!
S’en suis ensuite série de calcul et pronostics pour savoir si la seconde échappée qui s’est dangereusement rapprochée et dont fait partie MSE nous relaiera au fond du classement en compensé. Un peu de chance, c’est passée!
Après une telle course, Sakifo aurait été en vente si notre rating nous sortait du podium! Il faudra attendre un peu, ouf !

En conclusion :
Très content de la copie rendue dans ces conditions binaires typiques de la Med. concernant la route, à part l’empannage hors cadre, le reste est de mon point de vue sans faute dans l’ensemble, même si on peut toujours faire mieux, demander à Michel et Arnaud sur Blue!
Les Dick et Kito ne diront pas le contraire. Je serai devenu fou à leur place!
Il faut peaufiner la conduite sous spi dans la baston pour être plus serein, et mieux connaître ses angles de descentes suivant la force du vent et surtout l’état de la mer.

Concernant le temps de sommeil évoqué par Ludo, voici le mien :
1ere nuit -> 2 x 1h (j’aurai du faire plus mais toujours compliqué la première nuit pour ma part…)
2ème nuit -> 1h, seule période de vent stable, beaucoup de temps passé à la table à carte
3ème nuit -> 50min. Trop de pétole à négocier.
Traversée retour : 1h de temps “off” allongé mais sans pouvoir s’endormir.
4 nuit : zéro, sur le pont et actif en permanence pour trouver le moyen d’avancer.
Sur 4 jours ça m’a suffit, pas d’hallucination (j’en avais au tour de Corse), mais je n’aurais pas pu faire 24h de plus sans dormir je pense. Mais je sais qu’il faudrait dormir plus!
Alimentation : trop de bouffe et trop d’eau à bord. On avait prévu des repas chauds apertisé midi et soir, on en a mangé que la moitié (trop difficile dans le vent fort). Trop d’eau aussi (3L par personne). On boit finalement peu inconsciemment pour ne pas devoir pisser quand ça bastonne… (même si c’est pas bien).
Brossage de dent : 2… pas bien non plus 😂

MARCHER SUR L’EAU :

Départ plus que prudent pour MSE (mais c’était voulu). Descente sans encombre avec un beau coup en passant à l’intérieur des Moines sous spi. Avant les bouches de bonif on prend un ris à vent arrière (appris avec BM à la MSA) puis on affale le spi juste aux Lavezzi. On temporise GV 1 ris et J2. Très vite on envoie le spi lourd et on déboule en passant quelques concurrents sans spi. 2h en apnée les 2 sur le pont et je force (un peu) Guillaume a affaler le spi. J2 tangonné et GV 1 ris nous permettent de souffler un peu, de manger et dormir à tour de rôle. 

RAS jusqu’à petole devant Gorgona ou l’on se fait cueillir par le vent fort qui rentre. On fait le dos rond et on se met à l’abri de l’île pour s’équiper, ariser et passer sous J3. Gros vent grosse mer pour descendre à Elbe mais heureusement annoncés faiblissant en fin de journée. Re petole. Combat psychologique. On reste scotché avec 2 jpk 1010 (Nabla et Raging Bée) que l’on va finalement voir s’échapper. Guillaume se bat presque toute la nuit et les dépassent avant Pianosa. On est tous les 3 ensemble à la Gira mais on négocie mieux les molles et transitions. On débute la Traversée avers 2,5 milles d’avance sur les 2 jpk…. pour se retrouver ensemble (et dans la 3eme pétole) à la dernière marque du parcours avant l’arrivée. On se bat tous les 3 dans 2 noeuds de vent. Nabla tente la cote, Raging Bee le large. Nous on reste entre les 2. Le large était payant mais on touche du vent (5 nds) avant le golfe de ST. On fini quelques minutes  derrière Raging et quelques secondes devant Nabla. Ouf cette course !!!